Patrick Brout : derrière le principal, un écrivain
Patrick Brout, principal du collège Colbert depuis six ans, est nommé proviseur dans un lycée professionnel à Château-du-Loir. « Pour écrire, je me lève, le matin, à 5 h 15, 5 h 30 ». Jardin secret. Principal du collège Colbert, proviseur d'un lycée professionnel à la rentrée, Patrick a une passion : écrire des romans. Il publie son deuxième ouvrage. « Je n'ai aucune ambition. » Ce n'est pas par amour de la gloriole que Patrick Brout s'est mis à écrire. C'est par goût de l'écriture, tout simplement. Le deuxième roman qu'il vient de publier chez Maud Hillard, aux éditions des 2 Encres, à Cholet, s'intitule 1977... je... la vengeance. Il fait suite à un précédent opus, paru l'année dernière : 1976... plus jamais comme avant. Ce livre raconte l'histoire d'un gamin de seize ans qui vit sans argent, sans formation, sans toit et sans famille au Canada. On le suit dans ses pérégrinations, dans sa recherche d'expédients divers. Il réussit même à entrer en fac sans avoir fait de lycée. L'histoire n'est pas forcément morale, mais les difficultés rencontrées par l'adolescent doivent interpeller les jeunes de son âge : « L'important n'est pas de convaincre mais de faire réfléchir », explique l'auteur. Écrire est un espace de liberté Le livre n'a rien d'autobiographique mais il se déroule dans des endroits que Patrick Brout connaît bien. « Je pique partout. J'ai besoin de me rattacher à des lieux. » Avant de devenir enseignant à 33 ans, il a voyagé, travaillé dans le privé. Cela nourrit son imagination. « Tout m'intéresse », ajoute ce boulimique de la vie. Admirateur de Barjavel ou de San Antonio, grand consommateur de bandes dessinées, le principal n'a nullement l'intention de donner des leçons de rédaction. « C'est une écriture consensuelle. Le plan est fouillé, le style très actuel. » Pour lui, écrire est un espace de liberté : « Ça ne coûte rien. Il suffit de prendre une feuille de papier et un stylo... » Raconteur d'histoires Cette passion n'interfère en rien avec sa fonction de chef d'établissement qu'il qualifie de passionnante : « On travaille sur de l'humain. On produit de l'intelligence. Il y a des gamins qui ont du potentiel. » Passionnante mais difficile : « On ne choisit pas ses professeurs. Notre rôle est de mettre en harmonie des sonorités parfois discordantes, en respectant chacune de ces sonorités. » D'ailleurs, ses enseignants font peu de commentaires sur son activité d'écrivain : « Ils sont indifférents, dans la grosse majorité. Certains m'ont appelé en me disant : « Vous m'avez fait passer un bon moment. » Un copain a trouvé ça nul : il est prof de français. » Finalement, Patrick Brout n'a qu'une ambition : « Être reconnu comme un raconteur d'histoires, aller vers la simplicité. » Son rêve ? Qu'on lise ses bouquins comme des romans de gare !
Michel CAILLARD. Ouest-France