1976...Jamais plus comme avant: Chapitre III
Chapitre III
– Debout! Il est l’heure de se lever. Allez, debout !
Thierry descend le premier. Je le suis d’un bol de
chocolat, entendez par là qu’il a déjà fini son bol lorsque
je le rejoins. Chaque geste du matin, machinal, calculé,
devient un rituel.
Nous nous retrouvons à deux pas du collège devant le
café, sans être parfaitement réveillés. La vue de Max me
met les idées en place. C’est l’esprit presque clair que je
m’assois à côté de lui. À part le sempiternel salut, nous
ne nous disons rien. Nous attendons les autres. Jean-Yves
et Michel ne tardent pas. D’habitude, chacun veut parler
le premier, mais ce matin-là, nous restons silencieux.
Seules quelques plaisanteries à propos de Jacques et
d’Erwan nous font rire, mais le reste du temps nous
disons des fadaises. On parle des cours, mais je sens bien
que le coeur n’y est pas.
La journée se passe ainsi. Toujours unis avant, le courant
ne passe pas. On reste en panne d’électricité pendant
une semaine.
Le lundi suivant, Max prend la parole dès que nous
sommes assis :
– Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai l’impression
que notre belle entente s’effrite depuis l’aventure
de Rennes.
Il nous regarde tour à tour et continue :
– J’aimerais bien que cela redevienne comme avant ;
pour ça il suffirait que l’on soit d’accord, soit on marche
avec mon oncle, soit on ne marche pas. Peut-être que le
malaise se dissipera si l’on crève l’abcès. Alors qui est
d’accord et qui ne l’est pas ?
Personne n’ose parler.
– Ben quoi, merde! Vous vous méfiez de vous-même?
ou de moi?
– Je marche, dis-je, mais je ne force personne.
– Idem pour moi, dit Jean-Yves.
Michel se rallie à notre cause en disant que, de toute
façon, on aurait besoin de ses connaissances. Éclat de
rire général, le temps de se retourner vers Max, le seul
à n’avoir rien dit. Devant notre interrogation muette, il
rit :
– Bien sûr, je marche aussi !
Immédiatement la bonne humeur regagne notre
groupe. Ainsi on venait de décider d’être des… des quoi
finalement ? Des trafiquants de drogue ? Pas vraiment.
Alors, des quoi ? Je n’en sais trop rien, mais l’aventure me
tente... nous tente.
Max nous prévient pendant la semaine que son oncle
viendra à Concarneau durant le week-end. Il ne veut pas
nous rencontrer pour des raisons de sécurité, a-t-il dit. Il
donnera des ordres à Max qui nous les transmettra.
Toute cette mise en scène m’excite. On apprend aussi
que Cathy, la soeur d’Erwan, viendra avec nous durant la
prochaine mission. Cathy… Cathy ? La photographie ! Je
suis tout troublé à l’idée de la voir en vrai. Est-elle aussi
belle que sur la photo ?
En attendant, il faut travailler et un peu plus que je ne
l’ai fait jusqu’à maintenant si je veux passer en seconde.
– Debout! Il est l’heure de se lever. Allez, debout !
Thierry descend le premier. Je le suis d’un bol de
chocolat, entendez par là qu’il a déjà fini son bol lorsque
je le rejoins. Chaque geste du matin, machinal, calculé,
devient un rituel.
Nous nous retrouvons à deux pas du collège devant le
café, sans être parfaitement réveillés. La vue de Max me
met les idées en place. C’est l’esprit presque clair que je
m’assois à côté de lui. À part le sempiternel salut, nous
ne nous disons rien. Nous attendons les autres. Jean-Yves
et Michel ne tardent pas. D’habitude, chacun veut parler
le premier, mais ce matin-là, nous restons silencieux.
Seules quelques plaisanteries à propos de Jacques et
d’Erwan nous font rire, mais le reste du temps nous
disons des fadaises. On parle des cours, mais je sens bien
que le coeur n’y est pas.
La journée se passe ainsi. Toujours unis avant, le courant
ne passe pas. On reste en panne d’électricité pendant
une semaine.
Le lundi suivant, Max prend la parole dès que nous
sommes assis :
– Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’ai l’impression
que notre belle entente s’effrite depuis l’aventure
de Rennes.
Il nous regarde tour à tour et continue :
– J’aimerais bien que cela redevienne comme avant ;
pour ça il suffirait que l’on soit d’accord, soit on marche
avec mon oncle, soit on ne marche pas. Peut-être que le
malaise se dissipera si l’on crève l’abcès. Alors qui est
d’accord et qui ne l’est pas ?
Personne n’ose parler.
– Ben quoi, merde! Vous vous méfiez de vous-même?
ou de moi?
– Je marche, dis-je, mais je ne force personne.
– Idem pour moi, dit Jean-Yves.
Michel se rallie à notre cause en disant que, de toute
façon, on aurait besoin de ses connaissances. Éclat de
rire général, le temps de se retourner vers Max, le seul
à n’avoir rien dit. Devant notre interrogation muette, il
rit :
– Bien sûr, je marche aussi !
Immédiatement la bonne humeur regagne notre
groupe. Ainsi on venait de décider d’être des… des quoi
finalement ? Des trafiquants de drogue ? Pas vraiment.
Alors, des quoi ? Je n’en sais trop rien, mais l’aventure me
tente... nous tente.
Max nous prévient pendant la semaine que son oncle
viendra à Concarneau durant le week-end. Il ne veut pas
nous rencontrer pour des raisons de sécurité, a-t-il dit. Il
donnera des ordres à Max qui nous les transmettra.
Toute cette mise en scène m’excite. On apprend aussi
que Cathy, la soeur d’Erwan, viendra avec nous durant la
prochaine mission. Cathy… Cathy ? La photographie ! Je
suis tout troublé à l’idée de la voir en vrai. Est-elle aussi
belle que sur la photo ?
En attendant, il faut travailler et un peu plus que je ne
l’ai fait jusqu’à maintenant si je veux passer en seconde.